La chapelle de Notre-Dame de Grâces

Cette chapelle privée, de style néo-gothique, fut élevée en 1867, à la suite d'un vœu de Mgr Benjamin Pâquet. Le prélat, qui devint plus tard recteur de l'Université Laval et protonotaire apostolique, effectuait un séjour d'étude à Rome en compagnie de son frère, l'abbé Louis-Honoré Pâquet, lorsque celui-ci tomba gravement malade. Pour obtenir sa guérison, Mgr Pâquet promit à la Vierge de lui construire un petit oratoire dès son retour au pays.

C'est sur une parcelle de la terre ancestrale, en face de la maison familiale, qu'il remplit sa promesse. En 1887, il y adjoignit la maison voisine qu'il appelait l'ermitage. Après son décès en 1900, l'abbé Louis-Honoré Pâquet, alors professeur de théologie à l'Université Laval et son neveu, Mgr Louis-Adolphe Pâquet, continuèrent d'animer ce lieu de villégiature pendant l'été. Ce dernier, aussi protonotaire apostolique, fonda l'Institut Saint-Thomas-d'Aquin, aujourd'hui faculté de Philosophie de l'université Laval.

La chapelle et l'ermitage furent ainsi utilisés jusqu'au milieu du XXe siècle comme lieux de culte et d'éducation religieuse par les prêtres de la famille Pâquet. On y accueillait parents, amis, personnages illustres, séminaristes ou simples pèlerins. De grandes cérémonies y furent célébrées avec faste et solennité.

Après le décès de Mgr Louis-Adolphe Pâquet, en 1942, la propriété perdit progressivement ses fonctions religieuses. L'élargissement de la route Marie-Victorin, en 1956, mit en péril l'existence même de la chapelle qu'il fallut protéger en démantelant son portique et en obstruant le portail et les vitraux. Il fallut sortir l'édifice de sa situation précaire. Ce fut un long processus, inspiré par les membres de la famille Pâquet et soutenu par un comité local de citoyens.

En 1987, on obtenait de la ville de Saint-Nicolas la désignation d'une zone patrimoniale à la sortie ouest du village. La chapelle et la maison natale des Pâquet étaient classées monuments historiques en 1989. En 1992, elles étaient dotées d'aires de protection. La chapelle fut éloignée de la route d'une quinzaine de mètres en 1998 et on consacra les deux années suivantes à la restauration complète du bâtiment dans le respect de son inspiration d'origine et de son évolution architecturale.

Le ministère des Transports et celui de la Culture et des Communications du Québec, le programme des Partenariats du millénaire du Canada, la famille Pâquet et ses amis, la corporation de l'Ermitage de Notre-Dame-de-Grâces ont permis, par leur aide financière, la mise en valeur de ce joyau du patrimoine.